Leucan

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© Photo Benoît Bilodeau

Benoît

Benoît Bilodeau Publié le 05 août 2016

Michel Brassard et quelques-unes des statuettes qu’il a créées, dont certaines seront remises à des familles soutenues par Leucan Laurentides-Lanaudière.

 

Après vécu lui-même ce que c’est que d’être au chevet d’une personne malade, jour après jour, et désireux de redonner tout simplement, Michel Brassard, un résidant et entrepreneur du secteur de Sainte-Scholastique, à Mirabel, a décidé de mettre la technologie d’aujourd’hui au service des jeunes atteints de leucémie et de leurs familles. Son projet? Leur offrir de petites statuettes afin de leur donner un peu de courage dans l’épreuve que tous traversent.

Ces petites statuettes, hautes de 5 cm, ce sont en fait des reproductions des visages du jeune leucémique et des membres de sa famille. Ceux-ci peuvent ainsi, en tout temps, avoir un lien avec l’autre, malgré le fait qu’ils soient séparés.

 

En tout, Michel Brassard remettra à Leucan Laurentides–Lanaudière, ce vendredi 5 août, en fin après-midi, 50 figurines en bois destinées à 13 familles, lors du passage, à Blainville, du cycliste Gabriel Harvey qui poursuit son Défi5000, entrepris depuis Vancouver le 28 juin dernier. Une statuette de la mascotte Camie sera aussi offerte à Leucan par la même occasion. Six des familles concernées seront incidemment sur place pour recevoir leurs figurines.

 

Pour créer ces statuettes, Michel Brassard utilise un numérisateur pour photographier, dans un premier temps, de façon circulaire (360 degrés), la personne dont le visage sera reproduit. Puis, avec le procédé de la modélisation 3D et les données recueillies, il reproduit sur écran ce visage, pour ensuite, à l’aide d’une imprimante 3D, fabriquer les statuettes en question. Chacune nécessite trois heures d’impression et vaut 50 $ au final du processus.

 

Et pourquoi s’être lancé dans ce projet? «En juin 2014, à la demande de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), nous avons accepté d’accueillir un jeune de 16 ans, un ami de mon fils Samuel. Puis, le mois de septembre suivant, il est tombé malade et a été hospitalisé pendant deux mois. Tous les jours, j’allais le voir à l’hôpital. Cela m’a fait prendre conscience de tout ce que cela peut entraîner que d’avoir un enfant à l’hôpital», d’expliquer, en entrevue à nos bureaux, l’homme âgé de 50 ans, pour qui cet épisode a sans doute été l’élément déclencheur de ce projet qu’il réalisera presque deux ans plus tard.

 

S’il a retenu la cause de Leucan Laurentides-Lanaudière, c’est que Shawn, toujours un membre de la famille, et qui s’est finalement rétabli de sa maladie dont on n’a jamais su la cause, a organisé, au printemps 2016, une activité de financement au profit de cet organisme au Collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, et recueilli alors 9 400 $.

 

«J’avais déjà en tête cette idée de vouloir redonner, et la cause de Leucan Laurentides-Lanaudière m’a alors interpellée. Elle vient en aide aux jeunes atteints de leucémie, mais aussi à tous les membres de leurs familles qui, eux aussi, vivent des moments difficiles», de souligner M. Brassard qui, depuis 2012, est à la tête de l’entreprise À Vue d’Aigle, laquelle propose notamment des services de prise de photos et de tournage de vidéo avec un drone.

 

«Comme j’ai déjà expérimenté, avec un drone, l’impression en 3D de bâtiments, je me suis dit que je pourrais peut-être le faire pour des visages. Après quelques recherches, j’ai trouvé sur Internet un appareil qui me permet de numériser facilement les visages. À partir de ce moment, tout s’est mis en branle, et rapidement», de relater Michel Brassard.

 

Pour l’heure, le Mirabellois est surtout très fébrile à l’idée de remettre ces premières statuettes. «Je suis très nerveux, mais aussi très excité de rencontrer ces familles», confie celui-ci à quelques heures de ce beau moment qu’il compte bien, confirme-t-il, répéter chaque année.